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mars 2018

Quid des métropoles du continent noir…

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L’Afrique est à la mode. En témoignent toutes les expositions d’art contemporain qui lui font honneur depuis plus d’un an comme par exemple « Beauté Congo » à la fondation Cartier ou « Art/Afrique, le nouvel atelier » à la Fondation Louis Vuitton.

La croissance économique y est au plus haut en même temps que l’attractivité touristique y est au plus bas dans les spots qui attiraient jadis de nombreux voyageurs. Réflexion autour d’une africanité symbolisée par des villes et des acteurs empreints de culture africaine aux réalités très différentes à l’échelle d’un continent prometteur.

Il est de plus en plus question de boom économique lorsqu’on parle du vaste continent africain. Contradictoirement, le tourisme ne fait plus recette avec la crainte d’instabilité politique et sécuritaire. Néanmoins, beaucoup d’africains issus de la diaspora font le voyage inverse de leurs compatriotes autochtones et retournent au pays et investissent en masse. Pourtant c’est une terre méconnue à l’image de ses multiples cultures urbaines qui souvent les attend.

Qu’elle ait été exportée au Brésil comme à Salvador do Bahia ou restée à multi facettes comme sur le continent africain, les cultures magico religieuses et l’art de vivre qui caractérisent les villes noires ne sont pas suffisamment connues. Des historiens ou ethnologues tentent de rattraper le retard pris dans le domaine de la promotion culturelle et associative ces dernières années. Mais ils sont si peu nombreux. De plus leur travail est souvent tourné vers l’étude des populations et habitants avec un point de vue trop généraliste et /ou réducteur. Il est clair que les imaginaires collectifs qui viennent spontanément lorsqu’il est question d’Afrique ne sont pas associés aux villes.

Il a fallu attendre le travail d’artistes, photographes comme Malik Sidibé par exemple pour nous offrir un regard contemporain, original et vivant d’une urbanité africaine. Au delà d’un continent, il serait intéressant de promouvoir des identités, des cultures et des modes de vie urbaines spécifiques à chaque métropole africaine. Quand on parle de Salvador, do Bahia, on ne peut la dissocier de sa culture afro-brésilienne. Pierre Verger, le photographe et ethnologue l’a magnifiquement et esthétiquement illustré avec ses reportages photos en noir et blanc. Ces images contribuent à installer dans l’inconscient collectif une construction identitaire spécifique et typique de la ville contribuant ainsi à son attractivité.

Le travail artistique interroge souvent l’individu dans ce qui fait son identité. Pascal Martine Tayou qui a beaucoup travaillé sur ce sujet à travers les masques de verre nous permet d’appréhender le rapport particulier de certains villageois avec leur individualité. Aujourd’hui l’art africain qui s’exporte et s’expose va t-il donner une autre image de l’Afrique qui n’est pas un tout. L’étude de tous ces signes à la façon du carré sémiotique nous indique que l’art contemporain africain nous offre autre chose que les mythes souvent associés à un continent entier notamment à travers une vision urbaine. Au même titre qu’un individu, une ville doit capitaliser sur tout ce qui lui donne une spécificité et une identité propre pour assurer un positionnement fort afin d’émerger et donner envie d’y créer, d’y travailler, de s’y amuser.

Cela fait écho à une phrase introductive de l’exposition de, « Art/Afrique, le nouvel atelier »  la fondation poursuit aujourd’hui son ouverture de vers de nouveaux territoires mentaux et sensibles. Elle s’attache à des propositions d’artistes inédites, à la mesure des enjeux de ce continent ».

Une belle illustration de mon propos qui veut donner une visibilité, du sens à ces villes et de l’expérience singulière face à des mythes.

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