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janvier 2016

Faire de la mixité sociale, une ville attractive

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Cela fait un an que le Conseil de Paris a voté le DPUR (droit de préemption urbain renforcé), dispositif qui permet à une collectivité locale d’acquérir un bien au sein d’une copropriété uniquement dans des secteurs définis. L’objectif affiché, faciliter la mixité sociale. Parallèlement, les conseils citoyens ont amorcé leur déploiement sur tout le territoire. Toutes ces actions relèvent d’une dynamique territoriale volontariste qui doit s’afficher comme telle sans faire oublier des réalités complexes.

 

La mêlée partisane

L’Obs titrait il y a un an dans son numéro spécial immobilier Ile-de-France « Faut-il craindre le DPUR? ». La question semble légitime tant les avis des parties prenantes divergent. La mairie de Paris à travers la voix de son chargé à l’urbanisme, Ian Brossat se veut rassurante. Pour lui, il s’agit d’abord de protéger les locataires modestes tout en assurant au vendeur une acquisition aux prix du marché. Les copropriétaires eux craignent une dévaluation de leurs biens, une dégradation de la copropriété, décourageant ainsi les investisseurs. Risque t-on d’attiser l’ouverture d’une boite de Pandore déjà bien pleine dans le secteur surtout si la mairie affiche une volonté d’aller au delà des 20% prévus par la loi avec en plus un dispositif ciblant essentiellement la rive droite (historiquement plus populaire)? L’avenir nous le dira. Dans tous les cas la volonté d’homogénéiser la part de logements sociaux sur des secteurs qui en sont dépourvus est louable. En outre, faire cohabiter des personnes au capital social, économique et culturel non homogène ouvre des perspectives intéressantes sur « le bien vivre ensemble ». Cela peut être l’occasion de trouver un positionnement social fort en termes d’identité pour la ville de Paris.

 

Un positionnement social fort et affirmé

En ces temps où l’on reproche à la vie publique d’être pauvre en matière de projets de société, faire de la mixité sociale la richesse d’une ville monde comme Paris me semble être un vrai créneau de communication. Il faut dans ce cas aller bien plus loin et faire de « la ville musée » un laboratoire social de la multiculturalité dans le sens sociétal du terme. Il est important de capitaliser sur le développement des classes moyennes, pilier de l’équilibre et de la vitalité d’une collectivité et régulateur social. En ce sens le nivellement de la politique du logement doit se faire par le haut en veillant à ce que le vendeur ne soit pas lésé et que le locataire s’inscrive dans une dynamique de cohabitation sociale! Cette politique doit s’accompagner d’une écriture médiatique nouvelle et collaborative. Il y aurait un vrai bénéfice en termes d’images et d’attractivité citoyenne.

Parallèlement  les conseils citoyens peuvent prolonger et donner du sens à ce positionnement même s’ils concernent que les quartiers prioritaires. L’enjeu c’est que nos territoires deviennent plus inventifs et qu’ils le fassent savoir. A la manière de « Podemos », le mouvement citoyen espagnol, transformons cette nouvelle activité participative en force communicante!

Saisir ces deux occasions pour casser la mauvaise image associée au social est ambitieux mais novateur. Un modèle d’architecture de nos cités se dessine. Il doit aider à faire tomber les barrières psychologiques et maintenir une classe moyenne forte, ambitieuse dans le centre de Paris.

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