Lacitehub
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La Citéhub ambitionne d’être un espace de réflexions et d’expressions pour une nouvelle approche de la promotion territoriale basée sur la multiculturalité et l’expérientiel. Il s’agit de trouver ce qui fait l’essence de chaque ville à travers la médiation sociale, culturelle, artistique et touristique.

Paris n’est plus la belle endormie !

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Désormais installé sur le podium des 3 meilleures villes à plus fort potentiel au monde, Paris se distingue par sa politique ambitieuse et forte pour développer tout un écosystème autour de l’innovation. Avec des indicateurs au vert dans de nombreux domaines la capitale est l’antithèse de la désertification qui touche les centres-villes des provinces françaises.

 

Paris a le vent en poupe. Arrivant juste derrière San Francisco et New York dans le classement du fameux cabinet AT Kearney qui consacre chaque année les villes les plus attractives, la ville lumière brille aussi par sa dynamique touristique, sociale et solidaire. Au delà de la vitalité économique ce classement prend en compte également le bien-être des habitants. En la matière les efforts pour redonner la place aux piétons et aux riverains doivent être salués. A l’instar des voies sur berge avec la création du parc des Rives de la Seine, la place de la nation tente aussi de se verdir.

 

Consciente des énormes enjeux sociaux, les acteurs politiques de la capitale ne misent pas tout sur le développement économique et financier qui en termes d’image ne doit pas donner l’impression d’une ville pour cols blancs. Où il est souvent question de « boboïsation » ou de « gentrification » de la capitale, on ne peut laisser sous silence le volontarisme social de la politique de la ville. Ainsi plus de 7000 logements sociaux sont prévus pour 2017. Les prix continuent certes de monter mais les pouvoirs publics tentent de freiner la spéculation immobilière notamment avec les velléités d’encadrement des locations Airbnb.

 

Face à toute cette frénésie socioéconomique innovante aussi bien publique (en 10 ans, la ville de Paris a consacré plus d’1 milliard d’euros de fonds publics au secteur de l’innovation), que privée (Station F et l’école 42 de Xavier Niel), ce qui me laisse perplexe c’est la vitesse à laquelle certains centres-villes se vident en province. L’IGF, l’Inspection générale des finances et le CGEDD, conseil général de l’environnement et du développement durable ont sorti un rapport sur la revitalisation commerciale des centres-villes rendu public fin octobre. Il préconise de mettre en place une stratégie de relocalisation de la politique de la ville en faisant des commerçants de vraies parties prenantes. Autre axe d’orientation : l’adaptation au commerce de demain.

 

Même si des efforts sont faits mais l’attraction des habitants pour les nouveaux centres commerciaux ne facilitent pas les choses. C’est vraiment ce fondement de notre société basée sur la consommation à outrance qu’il faut reconsidérer. Et là, c’est aussi aux citoyens de prendre en main le développement et la revitalisation de leurs villes, villages et campagnes par des mouvements tels que la « consom’action » par exemple et le développement de plateformes collaboratives.

Il ne s’agit pas de ne plus consommer mais de mieux consommer ; c’est un changement de paradigme que nous devons intégrer et cela passe par une meilleure éducation au goût et une meilleure cohabitation de l’urbanisation galopante autour de grandes métropoles et le charme d’authentiques centres villes à l’attractivité retrouvée !

Quand la ville cristallise tout!

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La ville monde s’émancipe. La ville devient tentaculaire, elle est à la mode, elle se conceptualise. On n’a jamais autant parlé de la ville que ces dernières années. Augmentation des métropoles, développement des city breaks. De nombreuses émissions télé comme « Habiter le monde » ou Oasis urbaines sur Arte viennent nous rappeler quelques uns des défis qui attendent les villes de demain. Mais face à tout cela se posent les questions de la solidarité, de la sécurité dans un contexte où les démocraties paraissent de plus en plus fragiles ; quelle citoyenneté urbaine pour éviter une juxtaposition de microcosmes culturels ou sociaux?

La ville en tant que concept dépasse le simple cadre de vie qui nous offre toutes les commodités pour travailler et s’épanouir socialement. Elle devient un véritable enjeu de pouvoir dans la mesure où le soft power s’y exerce principalement. New York, Paris ou Londres sont autant de marques de territoire qui participent à la richesse des Etats qui les abritent. On comprend bien alors la raison pour laquelle à l’instar du G20, le C40 (sommet des maires des 40 villes les plus puissantes au monde) dont Anne Hidalgo est la nouvelle présidente gagne en puissance et en visibilité. Plus que dans les Etats, les systèmes de régulation démocratiques s‘y organisent, les nouvelles formes de mobilité y prennent naissance. En témoigne le succès de Vélib qui a essaimé dans de nombreuses capitales ou la réinvention du transport en commun urbain à Rio. Avec la construction de nouvelles lignes de métro légères et écologiques, 150km de voies de bus rapides et des centaines de kilomètres de pistes cyclables pour les jeux Olympiques, la « cité merveilleuse » affiche un nouveau visage.

Innovation, solidarité et sécurité dessinent les contours d’un nouveau vivre ensemble. Ces notions sont entrain de changer d’échelle sans masquer une ambivalence entre l’exigence de proximité en terme de vigilance policière et la gestion métropolitaine, algorithmique de la sécurité des smart cities. La ville veut reprendre en main sa sécurité même en faisant le grand écart entre le choix d’une vigie volontaire pour une sécurité de proximité comme à Saint-Mandé ou celui d’une mégalopole comme Rio où le maire Eduardo Paes a utilisé une armée urbaine pour pacifier les favelas.

Aujourd’hui les grandes villes sont le lieu du multiculturalisme même s’il s’apparente encore à une sédimentation de différentes poches sociales, architecturales et de quartier. Une ville monde qui vous prend au corps dans sa diversité, son bouillonnement, sa frénésie mais aussi ses codes. Se réveiller tôt le matin, découvrir la ville qui prend forme comme à Tokyo avec ses hordes de travailleurs déversés par le métro qui marchent d’un pas pressé habillés de la même façon. Etre en haut du Pic Victoria et s’émerveiller devant la skyline de Hong Kong qui s’anime de 1000 feux. 2 sensations typiquement urbaines.

Vous l’avez compris, je passe d’un discours citoyen à un récit d’une expérience touristique mais qui dit tout de ma passion pour la ville, les villes et l’urbanité. Ce sont pour moi des enjeux aussi bien professionnels que personnels. A l’instar d’associations comme Manifeste du grand Paris, le défi est de faire bouger la métropole, écrire un nouveau récit d’une urbanité assumée et teintée d’humanisme. La ville est synonyme d’ouverture, de vitalité, de solidarité, d’innovation et se pare même des atouts de la ruralité…

Comprendre comment le revenu universel peut aider à l’inclusion sociale !

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A la lecture d’un entretien du philosophe belge Philippe Van Parijs (L’Obs, édition 2696), l’un des principaux penseurs du revenu universel et professeur à l’université catholique de Louvain, j’ai eu une réflexion : quel champ des possibles peut nous ouvrir ce concept  tant il a l’air ambitieux, éloigné de ce qu’on connaît et utopique? Dans tous les cas, il a le mérite de questionner toutes les velléités d’amélioration de notre système de protection sociale.

 

Qu’est ce que le revenu universel ?

A première vue, je pensais naïvement qu’il s’agissait de mettre un revenu minimum pour tous à l’échelle mondiale. Mais je ne voyais pas comment il allait être mis en place et financé. Visiblement, ce revenu serait « universel » surtout parce qu’il serait opposable à l’ensemble des citoyens sans contrepartie de travail. C’est un concept qui paraît prometteur. En effet, il vise à solutionner la crise économique résultant du capitalisme sauvage d’aujourd’hui et à être un rempart contre le sentiment d’injustice qu’il peut procurer.

Parallèlement, on assiste à un véritable changement de paradigme car il semble ouvrir une nouvelle approche de ce qu’on met derrière le mot travail. Celui ci ne serait plus vu comme unique moyen d’assurer ses besoins primaires. Sa fonction de mode d’épanouissement social se verrait renforcer dans la mesure où il induirait une forme de reconnaissance de la contribution de chacun à la société. Il serait décorrélé de la notion de croissance et permettrait de reconnaître un droit à chacun de faire partie intégrante de la société du simple fait de sa naissance.

Reste la question du financement qui finalement me paraît tout à fait envisageable quand on voit l’importance des écarts de revenus entre les mieux lotis et les autres! Quand est ce que les acteurs politiques seront assez créatifs ou juste courageux pour nous conduire vers un modèle de société réellement plus solidaire dépassant la simple bienveillance?

 

De la charité à la solidarité

Historiquement c’est d’abord l’Eglise qui s’est engagée dans la protection des plus « fragiles » mettant en avant le devoir de charité avant que l’Etat ne prenne le relais dans différents pays d’Europe. Mais le véritable front pour une protection sociale réelle a été mené par les classes ouvrières. Il est important de comprendre cette évolution pour considérer l’approche des sociétés vis à vis des questions d’assistance sociale. La solidarité n’a de sens que si les mentalités évoluent et permettent de prendre conscience qu’une organisation sociale moderne n’est viable aujourd’hui que si elle offre une liberté d’action à tous et pas qu’aux plus riches.

Hier les ouvriers ont lutté pour améliorer leur condition et échapper à « l’aliénation » de la charité pratiquée par l’Eglise et la bourgeoisie. Aujourd’hui ce sont les mouvements citoyens et les ONG qui, en l’absence de véritable conscience sociale répondant aux enjeux de nos sociétés contemporaines, doivent prendre le relais sans toutefois tomber dans le communisme libertaire.

En mon sens cette idée de revenu universel provoque un électrochoc qui décloisonne nos mentalités. Il permet de reconsidérer l’idée de solidarité et fait écho aux différentes actions de plaidoyer menées par les associations ! Il faut que chacun s’interroge sur son propre regard et ses préjugés vis à vis de la précarité prémisses à la transformation sociale voulue par beaucoup.

 

Vers une transformation sociale

La vraie transformation sociale c’est de donner du sens aux valeurs fondamentales de nos sociétés. Etre dans l’écoute active et dans l’échange. Les débats et autres conseils citoyens sont légion dans la vie de nos cités mais n’est ce pas un leurre souvent ?

Une autre société est possible ! Et cela vaut aussi pour les pays émergents qui doivent créer leur propre modèle de développement. C’est de nouvelles perspectives qui s’ouvrent posant la question de la répartition des richesses, de la gestion des différentes crises géopolitiques et de la place de la singularité culturelle dans l’évolution des pays émergents.

La France d’Ailleurs…!

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D’abord intéressé par la démarche de l’artiste Yeondoo Jung de partir à la rencontre des habitants du Val-de-Marne, j’ai voulu en savoir plus sur le regard qu’il portait sur notre pays. Année de la France Corée oblige, inaugurer l’exercice de l’interview sur Lacitehub avec un artiste sud coréen prend tout son sens. Au delà de l’originalité de l’approche, des supports et du médium choisi par l’artiste pour mettre en perspective l’imaginaire de cet ailleurs et la réalité de cet « ici », sonder l’altérité représente un enjeu majeur de nos territoires. Publier  cet entretien aujourd’hui et après la fin de l’exposition au Mac Val est certes frustrant mais cela vaut le coup de revenir sur ce prisme artistique!

 

Pour mieux contextualiser la mosaïque de récits que Yeondoo met en scène dans un cadre à la fois sonore, visuel et photographique, il faut souligner la singularité de chaque histoire. Chaque rêve d’ailleurs est en effet singulier mais guidé à chaque fois par l’idée de liberté qui est associée à la France. L’idée d’explorer les imaginaires qu’on se fait d’un ailleurs, de les confronter et de mesurer le décalage face à la réalité est intéressante. Parfois Il ne s’agit peut-être pas que d’ici et d’ailleurs mais de soi même entre deux pays. Quelle est la part du récit individuel dans l’imagination qu’on se fait d’un pays d’accueil, quelle est la part de l’identité du pays d’accueil, du territoire dans l’image qu’elle dégage, dans le positionnement qu’il a voulu. Le rendu même de chaque oeuvre composé de strates superposées donne une dimension onirique comme pour souligner l’inaccessibilité d’un idéal absolu. Décryptage de l’artiste.

What is your opinion and analysis about living in France or Val-de-Marne? I mean which memories you keep after meeting all these inhabitants?

Yeondoo Jung: I was very surprised that a lot of people talk about liberty; something they might a little bit miss from their own country. May be they were educated that liberty is very important in France.

As an artist, what will you recommend for helping people live together despite cultural differences?

Yeondoo Jung: Looking at the history of immigration culture is very important. I studied history of boat people from Vietnam in 1974, before i came to France. I noticed that there are many vietnamese in Torcy. Indeed when they arrived they all get off at this station because they were received money from city hall to buy RER ticket. I was wandering what imagination they had in the boat about their future life? I asked the same question to the people in Vitry sur Seine….

The title « d’Ici et d’Ailleurs » is about asking questions from here about their hometown, future life in France, think about their past life in their own country. Something about yourself, located between two countries. For a korean  guy, just seeing so many people from so many different countries and completely involved their lives here is amazing and interesting! In Korea everyone is the same and people are not very tolerant with other country culture.

This remind me the history of a 27 years old student from north Korea.. He escaped form concentration camp, has been jailed in Mongolia to work in underground mines. And when i met him he doesn’t want anything special but living with his family. His expectation was very low and simple but some south korean discriminated him.

Another example to keep in mind you can be a doctor in Congo but security guard in France.

Have you worked on Incheon inhabitant? What do you think about the way the city is developing?

No i didn’t work about Incheon inhabitants but for me it’s like a kind of Playtime, the famous movie  of Jacques Tati.

Did you make the same artistic work in south Korea?

Overall i’m interesting in living people, i get the idea from other people and in Vitry there’s so many different people.

Why did you chose foreigners rather than native people?

A lot of artists already did work about native people in France. I guess the perspective is different when you’re outside of France!

 

Voilà, fin de l’interview qui a duré 25 minutes par Skype depuis Séoul. Je trouve cela plutôt génial ce rapprochement multiculturel; une croisée entre un insulaire guadeloupéen, un sud coréen et l’histoire de val-de-marnais issus de multiples territoires. L’expérience d’un ailleurs et l’altérité sont une source d’inspiration certes artistique mais aussi sociétale. La complexité de chaque identité culturelle et l’individualité compliquent le bien vivre ensemble mais peuvent enrichir de nouveaux paradigmes. Elles peuvent nourrir des politiques de communication publiques autour d’un socle commun des attentes de nos concitoyens issus de la France d’ailleurs.

La Guadeloupe à l’heure du tourisme interstitiel

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Au delà des plages, la culture guadeloupéenne mérite de s’affirmer comme un élément déclencheur d’attractivité. Lors de mon dernier « retour au pays » j’ai vécu deux expériences extraordinaires : la magie carnavalesque et le sentiment d’une élévation de l’histoire en visitant le Mémorial ACTe.

La richesse du carnaval guadeloupéen réside dans sa singularité musicale, artisanale et créative. Véritable clin d’oeil à certains pans de notre culture et histoire passée, présente et future, cette manifestation invite à se pencher sur les fondamentaux de la spécificité de la société guadeloupéenne. Les signes et les symboles rappelant les codes de domination du passé sont bien présents mais aussi le métissage des sons et de la rythmique donnent le « la » de l’ouverture vers l’extérieur. Cela est d’autant plus appréciable que cette expression culturelle est la partie visible d’un immense travail de cohésion sociale surtout auprès des jeunes qui s’investissent collectivement dans la préparation des costumes et des décors.

Un trait d’union entre l’expression du carnaval et l’histoire de l’esclavage qui trouve un aboutissement total au Mémorial ACTe, lieu de mémoire caractérisé par un parcours d’interprétation très immersif. Pourquoi donc parler de tourisme interstitiel? La réponse est d’abord personnelle. Créer de l’étrangeté et de la magie face à la vision de 2 gros paquebots éclairés à quai sur le port de Pointe-à-Pitre surplombant la parade au son des gros tambours est une expérience unique. L’odeur de l’encens, la fumée qui s’en dégage et les centaines de carnavaliers déambulant au pas vous transportent. Là où l’interstice prend tout son sens c’est quand la juxtaposition d’un symbole du tourisme de masse semble défier notre souhait de tourismes singuliers. Mais quelle image magnifique je me disais! J’ai eu vraiment la sensation d’un ailleurs qui ne relevait pas de la carte postale mais d’un authentique vécu qui n’est réalisable que sur mon île.

Voilà une Guadeloupe apaisée, riche de son histoire, riche de sa culture, riche de sa nouvelle empreinte architecturale muséale. Des mots qui prennent tout leur sens lorqu’on se laisse guider depuis la découverte de l’île par Christophe Colomb jusqu’à la réalité multiraciale de ce territoire qui apparaît comme une composante du bien vivre ensemble. Ce voyage dans l’histoire réhaussé de dispositifs interactifs et artistiques m’ont donné des leviers de lecture nouveaux sur la construction d’une identité commune. La Guadeloupe est une société métissée avec des strates sociétales diverses, destination de tourisme insterstitiel, destination de tourisme culturel, destination tout court!

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